
Preah Khan
Preah Khan
Temple-cité de 56 hectares fondé en 1191 par Jayavarman VII, Preah Khan conjugue histoire bouddhiste, architecture monastique et atmosphère préservée au nord d'Angkor.
À l'extrémité nord du parc archéologique d'Angkor, à environ 2 km au nord-est d'Angkor Thom, Preah Khan figure parmi les ensembles les plus vastes érigés sous l'ancien empire khmer. Plus qu'un temple, ce site de 56 hectares fut une véritable cité monastique abritant une université.
Pourquoi visiter Preah Khan
Preah Khan, « l'épée sacrée » en khmer, séduit par son atmosphère brute, encore largement enlacée par les racines de fromagers géants. Le site est moins fréquenté qu'Angkor Wat ou Ta Prohm, ce qui permet une visite plus intime des galeries, des halls cruciformes et des sanctuaires concentriques.
Sur le plan historique, le temple marque un tournant : il témoigne de l'apogée du bouddhisme mahayana sous Jayavarman VII, puis de la réaction hindouiste menée par son successeur. Ses sculptures, ses gopuras et son architecture de plain-pied, dite « complexe monastique », en font un jalon essentiel pour comprendre Angkor.
Histoire
Preah Khan a été construit entre 1184 et 1191 par le roi Jayavarman VII, sur les lieux d'une bataille victorieuse contre les Chams qui avaient envahi Angkor en 1177. Fervent bouddhiste et grand bâtisseur, le souverain dédia ce temple à la mémoire de son père, comme il avait dédié d'autres ensembles et le temple de Ta Prohm à sa mère.
Selon la stèle retrouvée sur place, près de 15 000 personnes vivaient au sein du complexe : moines, enseignants, étudiants et danseuses, soutenus par les villages alentours qui pourvoyaient au ravitaillement. Le nom sanscrit du site, Nagara Jayasri, signifie « le lieu sacré de la victoire ». Une statue de Lokeshvara, le bodhisattva de la compassion, sculptée à l'image du père du roi, y fut consacrée en 1191.
Au 13e siècle, sous Jayavarman VIII, le retour à l'hindouisme entraîne la destruction ou la transformation de la plupart des représentations du Bouddha. À la fin des années 1920, des travaux de restauration sont entrepris selon la méthode de l'anastylose, qui consiste à remonter un édifice à partir de ses éléments d'origine.
En 1939, Maurice Glaize, conservateur français d'Angkor, découvre la stèle de Preah Khan, aujourd'hui conservée au Centre EFEO de Conservation d'Angkor. Mesurant 2 m sur 0,60 m et gravée sur ses quatre côtés de 179 versets en sanscrit, elle livre des informations précieuses sur la fondation du temple, son organisation et ses richesses.
Que voir sur le site
Le complexe occupe un espace rectangulaire de plus de 560 000 m², ceint d'une douve de 20 mètres de large. La visite suit un axe est-ouest, du parvis monumental jusqu'au sanctuaire central.
Les chaussées et la 4e enceinte
L'accès principal s'ouvre sur une chaussée pavée bordée de balustrades formées de devas et d'asuras portant un naga. Cette mise en scène évoque le mythe hindouiste du barattage de la mer de lait. Le mur de la 4e enceinte, en latérite, dessine un rectangle de 700 m sur 800 m et porte 62 représentations monumentales de Garuda dressé, taillées directement dans le grès.
La 3e enceinte et le hall de danse
La 3e enceinte mesure 220 m sur 165 m. Son gopura est, à trois tours, est gardé par une statue de lion bien conservée. Juste après l'entrée se trouve le hall de danse, édifice cruciforme orné d'apsaras sculptées au-dessus des portes. Au nord, un bâtiment à deux étages avec de grandes colonnes circulaires aurait servi de grenier à grains.
Le sanctuaire central
La seconde enceinte abrite, sur environ 4 hectares, le complexe religieux principal. En son cœur, le prasat cruciforme est divisé en quatre parties par une galerie. C'est ici que trônait la statue de Lokeshvara, remplacée par un stupa au 15e siècle. Le sanctuaire bouddhiste est encadré par deux temples dédiés à Shiva et Vishnou. Les murs sont constellés de petits trous, qui auraient probablement servi à fixer des plaques réfléchissant la lumière.
Vers l'est, Preah Khan est prolongé par un baray asséché, dont le centre accueille le temple Neak Pean.
Informations pratiques
- Billet : la visite est incluse dans l'Angkor Pass (1 jour, 3 jours ou 7 jours), à acheter au guichet officiel à l'entrée du parc archéologique.
- Durée : comptez 1 h à 1 h 30 pour parcourir l'axe principal, davantage pour explorer les enceintes latérales.
- Conseils : prévoyez de bonnes chaussures (sols irréguliers, racines), de l'eau et un chapeau. Le site est peu ombragé sur certaines portions.
- Tenue : épaules et genoux couverts, comme dans tous les temples d'Angkor.
Quand visiter
Le parc d'Angkor se visite toute l'année, mais la saison sèche, de novembre à mars, offre les conditions les plus agréables : températures plus modérées et lumière nette. La saison des pluies (juin à octobre) apporte une végétation luxuriante, particulièrement photogénique à Preah Khan, mais des averses brèves en fin d'après-midi.
Pour éviter l'affluence, visitez le site en début de matinée ou en fin d'après-midi. La lumière rasante met alors en valeur les sculptures de grès et les jeux d'ombres dans les galeries.
Comment s'y rendre
Preah Khan se situe à environ 2 km au nord-est d'Angkor Thom. Depuis Siem Reap, plusieurs options s'offrent à vous :
- Tuk-tuk : le moyen le plus courant, idéal pour combiner plusieurs temples dans la journée.
- Voiture privée avec chauffeur : confortable, recommandé pour les fortes chaleurs ou les circuits longs.
- Vélo : option sportive et immersive, à réserver aux mois les plus frais.
Le site se trouve sur le « grand circuit » d'Angkor, souvent associé à Neak Pean, Ta Som et Preah Neak Poan dans une même journée.
À proximité
Preah Khan s'inscrit naturellement dans une exploration plus large du parc d'Angkor :
- Angkor Wat — le plus vaste temple, à voir au lever du soleil.
- Baphûon — temple-montagne au cœur d'Angkor Thom.
- Banteay Srey — la « citadelle des femmes », réputée pour la finesse de ses sculptures.
- Kbal Spean — la « rivière aux mille lingas », sculptée à même la roche.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Non, l'accès est inclus dans l'Angkor Pass (forfait 1, 3 ou 7 jours) qui couvre l'ensemble du parc archéologique d'Angkor.
Comptez environ 1 h à 1 h 30 pour parcourir l'axe principal et le sanctuaire central. Une exploration plus approfondie des enceintes latérales peut prolonger la visite.
Il a été fondé comme temple bouddhiste mahayana par Jayavarman VII en 1191. Au 13e siècle, sous Jayavarman VIII, de nombreuses représentations du Bouddha ont été détruites ou transformées lors du retour à l'hindouisme. Le site porte donc les traces des deux traditions.
De novembre à mars, pendant la saison sèche, les conditions sont les plus favorables. Le début de matinée et la fin d'après-midi offrent la meilleure lumière et moins d'affluence.
Preah Khan signifie « l'épée sacrée » en khmer. Son nom sanscrit est Nagara Jayasri, « le lieu sacré de la victoire », en référence à la bataille remportée par Jayavarman VII contre les Chams en 1177.
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