Le Mebon Occidental

Probablement construit lors de la seconde moitié du XIe siècle, d'après ses bas-reliefs, dénués d'inscriptions, du style du Baphuon, le temple du Mebon occidental dispose d'une authenticité et d'une originalité réelles au sein du parc archéologique d'Angkor. Il se situe, suivant un axe parfait à 10 km à l'ouest de Ta Prohm.

Élevé sur une île artificielle, ce temple a la particularité d'avoir été construit au centre du plus grand baray, ou réservoir d'eau, de l'ancienne capitale Angkor, le baray occidental. Ces 1759 hectares se remplissent à chaque saison des pluies, plutôt consistante, laissant l'impression d'apercevoir au large un temple construit en plein milieu des flots. Celui-ci est accessible en bateau lors des moussons et par voie terrestre lors de la saison sèche.

 

Un siècle de restaurations

La première restauration du temple du Mebon occidental s'est effectuée il y a tout juste 100 ans, en 1920. L'édifice était alors recouvert par la végétation, les marécages s'étant formés de toute part après des siècles de désertion. En 1936 le conservateur d'Angkor Maurice Glaize y a découvert la plus grande sculpture d'art khmer réalisée en bronze, jusqu'aujourd'hui encore ! Cette œuvre, conservée aujourd'hui au musée national de Phnom Penh, représente le dieu Vishnu, membre de la Trimurti hindoue. Plus tard, Glaize continuera de diriger la restauration du lieu, et notamment pour les murs d'enceinte et les tours du temple.

Depuis 2012, l'École Française d'Extrême-Orient (EFEO), en association avec l'APSARA, l"Autorité pour la Protection du Site et l'Aménagement de la Région d'Angkor, étudie, recherche, et travaille sur le terrain pour restaurer ce temple mythique de la culture angkorienne.

Une digue de protection a dû être construite en amont des travaux pour empêcher le baray de déborder et protéger les chantiers lors de la saison des pluies. Les rénovations des années 1940 n'ont pas mis longtemps à se dégrader et malgré un résultat esthétique, les restes étaient en 2012 à retravailler. Pour éviter ces dégradations, l'EFEO a décidé de consolider la base du temple et de l'île c'est-à-dire les gradins du bassin qui maintiennent tours et murs. La phase "est" a été achevée en 2017, les 127 bâtisseurs ne pouvant travailler que lorsque le temps le permettait entre mars et mai. Un sol mouillé, par la saison des pluies, ou les eaux souterraines, ne permet pas de compacter les remblais pour effectuer les démontages. Les phases "nord" et "sud" ont démarré par la suite.

Malgré les travaux, le temple est toujours ouvert au public qui peut venir admirer ce travail de restauration et cet édifice insulaire des plus énigmatiques.

 

L'architecture

D'influence hindouiste, le temple ne dispose pas de sanctuaire central comme son alter ego le Mebon oriental plus à l'est. Les murs de l'entrée du temple mesuraient environ 100 m de long pour former un carré autour de tours décorés de fleurs de lotus en pierre. Aujourd'hui une grande partie de ces côtés ont disparus mais des pans de murs sont toujours visibles et trois tours sont encore debout, disposées strictement à 28 mètres les unes des autres. Il n'y a donc pas de sanctuaire central mais bien une plate-forme toujours présente qui aurait pu jadis supporter le poids d'un édifice plutôt léger. Le grand intérêt du lieu est évidemment son isolement au milieu des flots, la statue de Vishnu ayant été transférée à Phnom Penh.

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