
Le mont de Phnom Chisor
Le mont de Phnom Chisor
Temple brahmanique du XIᵉ siècle perché à 133 m, Phnom Chisor domine la plaine rizicole de Takeo et conserve un riche héritage khmer.
À 42 km au sud de Phnom Penh et 27 km au nord de Takeo, le mont Phnom Chisor culmine à 133 mètres dans le village de Sia, commune de Rovieng, district de Samraong. Au sommet, un temple brahmanique du XIᵉ siècle domine la plaine rizicole du Bassac. Le site mêle archéologie, héritage religieux et panorama sur la province.
Pourquoi visiter Phnom Chisor
Phnom Chisor combine plusieurs intérêts dans un même site, accessible en excursion d'une journée depuis Phnom Penh ou Takeo :
- Un temple-montagne du XIᵉ siècle parmi les plus anciens témoins du brahmanisme khmer hors d'Angkor.
- Un panorama dégagé sur les rizières du Bassac, le Phnom Da au sud et l'ancienne Angkor Borei.
- Un escalier monumental cérémoniel et une grotte de méditation associée aux ascètes brahmaniques.
- Une fréquentation touristique modérée, qui rend la visite plus contemplative que sur les grands sites d'Angkor.
Histoire et signification du site
Le temple a été édifié au XIᵉ siècle sous le règne de Suryavarman I, souverain qui introduisit le brahmanisme dans cette partie du royaume khmer. À l'origine, le sanctuaire portait le nom de Sri Suryaparvata, « la montagne du soleil », et était dédié aux divinités hindoues Shiva et Vishnu. Construit en latérite et en briques, l'ensemble mesure environ 60 mètres de long sur 50 mètres de large. Une vaste cour de pierre, longue d'une centaine de mètres pour 80 mètres de large, l'entourait autrefois ; il n'en subsiste que des vestiges.
L'histoire récente du site est marquée par les soubresauts du XXᵉ siècle. La pagode bouddhique installée à proximité du temple est attribuée à une reconstruction de 1917, avant d'être détruite dans les années 1970. Phnom Chisor a alors été touché par les bombardements liés à la guerre du Vietnam, qui ont notamment endommagé l'entrée de la grotte voisine. La pagode a été reconstruite en 1979.
Que voir sur place
Le temple sommital
Le temple principal, partiellement ruiné, conserve plusieurs linteaux sculptés et des piliers ouvragés. La salle centrale, encadrée de deux portes, abrite une statue de bois et accueille aujourd'hui des dévotions bouddhiques : moines et pèlerins viennent y vénérer des statues installées dans l'ancienne cella hindoue. Cette superposition d'usages, brahmaniques puis bouddhiques, est caractéristique de nombreux sanctuaires khmers.
Les escaliers cérémoniels
Deux grands escaliers structurent l'accès au sommet : 390 marches sur le versant ouest, 408 marches sur le versant sud. Un troisième escalier, à l'est, relie le temple aux sanctuaires secondaires de Sen Chhmos et Sen Phouvang ainsi qu'au lac sacré. Selon une tradition locale, l'axe de l'escalier principal pointerait en direction d'Angkor Wat ; cette orientation symbolique reste discutée par les chercheurs.
Son Reveang et le baray Tonle Om
Au pied de la colline, sous l'escalier d'accès, le bâtiment de Son Reveang sert aujourd'hui de lieu de culte bouddhiste. Il abrite une statue dorée du Bouddha protégé par le Naga Muchalinda à sept têtes. Au-delà s'étend Tonle Om, le baray (réservoir rituel) du temple, considéré comme sacré et utilisé par les pèlerins lors des purifications.
La grotte de Vimean Chan
À environ 150 mètres au sud du temple, la grotte de Vimean Chan était autrefois fréquentée comme centre de méditation par les brahmanes et les ascètes. Son entrée porte encore les traces des bombardements des années 1970, avec des blocs effondrés visibles à l'approche.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 2 à 3 heures sur place, montée et descente comprises.
- Effort physique : environ 400 marches à gravir, sans ombre continue. Prévoyez de l'eau, un chapeau et des chaussures fermées.
- Tarif d'entrée : modeste, payable en dollars américains à l'arrivée. Les tarifs étant réévalués, vérifiez en amont auprès de votre guide ou agence.
- Restauration : des stands au pied de la colline proposent boissons et plats simples, dont le poulet grillé local.
- Tenue : épaules et genoux couverts pour l'accès au temple et à la pagode.
Quand visiter Phnom Chisor
La saison sèche, de novembre à mars, reste la plus confortable pour la montée et garantit une visibilité dégagée sur les rizières environnantes. Les températures grimpent fortement entre mars et mai. La saison des pluies (juin à octobre) verdit la plaine du Bassac, mais les marches peuvent devenir glissantes après une averse. Préférez une visite en début ou en fin de journée pour éviter la chaleur du milieu de journée.
Le site s'anime particulièrement lors des festivals bouddhiques, notamment Pchum Ben (septembre-octobre) et le Nouvel An khmer (mi-avril), qui attirent de nombreux pèlerins.
Comment s'y rendre
Phnom Chisor se rejoint le plus souvent depuis Phnom Penh, via la route nationale n°2 en direction de Takeo. Plusieurs options sont possibles :
- Bus régulier Phnom Penh – Takeo : descendez à la jonction de l'autoroute n°2 indiquée par le chauffeur, puis tuk-tuk ou taxi-moto jusqu'au pied de la montagne.
- Voiture privée avec chauffeur : le plus pratique pour combiner Phnom Chisor avec d'autres sites de la province dans la journée.
- Excursion organisée depuis Phnom Penh, souvent jumelée avec Tonle Bati ou Phnom Da.
À voir dans les environs
- Phnom Da et Angkor Borei, au sud de Takeo : sanctuaires pré-angkoriens et musée archéologique évoquant l'ancien royaume du Funan.
- Choeung Ek, mémorial des Khmers rouges, sur la route du retour vers Phnom Penh.
- La ville de Takeo et ses paysages lacustres, à 27 km au sud.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Comptez 2 à 3 heures sur place. En incluant le trajet aller-retour depuis Phnom Penh, prévoyez une demi-journée à une journée selon les sites combinés.
Le dénivelé est modéré (133 m) mais les escaliers comptent environ 400 marches sans ombre continue. Une condition physique correcte suffit ; évitez les heures les plus chaudes.
Oui. Les itinéraires courants l'associent à Tonle Bati au nord, ou à Phnom Da et Angkor Borei plus au sud, dans la province de Takeo.
De novembre à mars, en saison sèche, pour bénéficier d'une vue dégagée et de températures supportables sur les marches.
Oui. Bien que d'origine brahmanique, le site accueille aujourd'hui un culte bouddhiste, notamment au bâtiment Son Reveang et autour du baray Tonle Om. Une tenue respectueuse est attendue.
Pour intégrer Phnom Chisor à un itinéraire combinant patrimoine khmer et plaines du sud, consultez nos voyages au Cambodge.
Intéressé(e) par cette visite ?
Nous pouvons l'inclure dans votre itinéraire personnalisé.


