
La colline de Wat Phnom
La colline de Wat Phnom
À 27 mètres au-dessus de Phnom Penh, le Wat Phnom est le sanctuaire fondateur de la capitale cambodgienne, entre légende, stupa royal et parc aux macaques.
Au nord de Phnom Penh, une butte artificielle de 27 mètres porte le sanctuaire fondateur de la capitale cambodgienne. Le Wat Phnom n'est pas seulement la pagode dont la ville tire son nom : c'est aussi un repère urbain, un espace de fêtes religieuses et un parc planté d'arbres centenaires en plein centre de la capitale.
Pourquoi visiter le Wat Phnom
Le Wat Phnom condense plusieurs strates de la mémoire de Phnom Penh sur un même site de cinq hectares. Une légende fondatrice du XIVe siècle, un stupa royal abritant les cendres de Ponhea Yat, des sanctuaires syncrétiques mêlant bouddhisme khmer, génies vietnamiens et figures confucéennes : la colline raconte la formation culturelle de la capitale en une visite de 1h à 2h. C'est aussi l'un des rares espaces verts ombragés du centre, planté d'une quarantaine d'espèces d'arbres et habité par une population de macaques.
Histoire du sanctuaire fondateur
La tradition rapporte que le Wat Phnom fut élevé au XIVe siècle pour abriter quatre statues de Bouddha, en bronze et en pierre, découvertes par une vieille femme riche nommée Daun Penh. Selon la légende, elle aurait trouvé ces statues dans un tronc d'arbre échoué sur les berges du Mékong. Elle fit installer les sculptures dans un sanctuaire provisoire dressé sur la colline, près de sa maison, et utilisa le tronc comme charpente. Un monastère fut ensuite fondé à l'ouest de la butte.
La colline prit le nom de Phnom Penh, « la colline de Penh », et la ville qui se développa autour adopta le toponyme. En 1866, sous le règne de Norodom Ier, Phnom Penh devint capitale économique et politique du Cambodge. Le Wat Phnom fut rénové à plusieurs reprises, notamment en 1926 — date du bâtiment principal actuel — puis en 1998.
Que voir sur la colline
Le vihara et le grand stupa
Le bâtiment principal, ou vihara, se rejoint par un grand escalier oriental gardé par des nagas et des lions. À l'intérieur, des peintures murales relatent les récits du Jakata et du Reamker, l'adaptation khmère du Ramayana. Le stupa central domine l'ensemble : posé sur une base carrée de 26 mètres de côté, il s'élève sur deux étages jusqu'à 42,25 mètres, coiffé d'un dôme en cloche dont chaque coin de toit est orné de nagas.
Sanctuaires et figures vénérées
- Sanctuaire de Daun Penh à l'angle sud-ouest, dédié à la fondatrice légendaire.
- Stupa du roi Ponhea Yat, premier souverain du Cambodge après l'ère angkorienne, à l'ouest du vihara : il contient ses cendres.
- Sanctuaire de Preah Chau, génie particulièrement vénéré par la communauté vietnamienne, sous le vihara au nord.
- Statue de Confucius et figures des sages chinois Thang Cheng et Thang Thay, dans la chambre située à droite de l'autel principal.
Au coin nord-ouest du complexe, un petit musée présente plusieurs statues anciennes liées au site.
Le parc, les arbres et les détails curieux
Une quarantaine d'espèces d'arbres, identifiées par des plaques bleues à lettres blanches, occupent la colline. Parmi eux, le koki, originaire des forêts du Laos, est planté en lisière autour du wat. Plusieurs spécimens sont estimés à près d'un siècle. Dans le jardin, une grande horloge florale, en avance de quelques secondes sur l'heure officielle cambodgienne, est illuminée le soir.
Deux curiosités méritent un détour : la tombe d'un Français nommé Fourcros, dissimulée dans la végétation à gauche de l'escalier de l'entrée principale et dont la présence reste inexpliquée ; et une stèle commémorant la récupération des territoires du Nord par le traité franco-siamois de 1907.
Une population de macaques vit sur la colline. La pratique des balades à dos d'éléphant, longtemps proposée aux visiteurs, a été arrêtée.
Quand venir
Le Wat Phnom se visite toute l'année. Deux temps forts du calendrier khmer animent particulièrement le site :
- Le Pchum Ben, fête des morts (généralement en septembre-octobre, selon le calendrier lunaire) : les fidèles affluent avec des offrandes pour les ancêtres.
- Le nouvel an khmer, mi-avril : Wat Phnom est l'un des centres des célébrations à Phnom Penh.
La saison sèche, de novembre à mars, reste la période la plus confortable pour la visite, avec des températures plus douces et peu de pluie.
Informations pratiques
- Durée de visite : compter 1h à 2h pour le sanctuaire, le stupa, le musée et le parc.
- Tarif : entrée payante modeste pour les visiteurs étrangers ; les Cambodgiens y accèdent librement.
- Tenue : épaules et genoux couverts dans les sanctuaires, chaussures retirées avant d'entrer dans le vihara.
- Macaques : ne pas les nourrir et garder sacs et lunettes en sécurité.
Comment s'y rendre
Le Wat Phnom se trouve au nord du centre de Phnom Penh, à l'angle du boulevard Norodom et de la rue 92. Depuis le marché central ou le Palais Royal, comptez une dizaine de minutes en tuk-tuk ou via une application de VTC locale (PassApp, Grab). À pied, l'accès depuis les quais du Tonlé Sap reste agréable hors heures chaudes. L'arrivée se fait au pied de la colline ; l'ascension par l'escalier oriental gardé de nagas conduit directement au vihara.
À voir autour
La colline s'inscrit dans un parcours plus large à travers la capitale et le pays :
- Phnom Penh — pour combiner le Palais Royal, le musée national et les marchés.
- Le monument de l'amitié Cambodge-Vietnam, autre repère du centre, à quelques kilomètres au sud.
- Le temple du Bayon, à Angkor, pour prolonger la découverte de l'architecture religieuse khmère.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
La capitale cambodgienne tire son nom de la colline : Phnom Penh signifie « la colline de Penh », en référence à Daun Penh, qui aurait fondé le sanctuaire au XIVe siècle après avoir trouvé quatre statues de Bouddha dans un tronc d'arbre.
Une à deux heures suffisent pour parcourir le vihara, le stupa central, les sanctuaires secondaires, le musée et le parc.
Oui, une population de macaques résidente vit sur le site. Mieux vaut éviter de les nourrir et de laisser des objets de valeur à portée de main.
Le Pchum Ben (fête des morts, en septembre-octobre) et le nouvel an khmer (mi-avril) sont les deux moments les plus fréquentés, avec offrandes et cérémonies bouddhiques sur la colline.
L'accès principal au vihara passe par un escalier ; un cheminement plus doux existe par les côtés de la colline mais reste irrégulier. La visite en fauteuil roulant est compliquée.
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