
Le village potier de Kampong Chhnang
Le village potier de Kampong Chhnang
Au cœur de Kampong Chhnang, le village d'Andong Russey perpétue une poterie modelée à la main depuis le VIᵉ siècle, sans tour, à la contrebatte.
À mi-chemin entre les temples d'Angkor et la capitale, la province de Kampong Chhnang doit son nom à un savoir-faire millénaire : « le port des marmites ». Au village d'Andong Russey, environ 300 familles continuent de modeler la terre selon une technique sans tour, transmise depuis le VIᵉ siècle.
Pourquoi visiter le village potier de Kampong Chhnang
Cette étape s'adresse aux voyageurs curieux d'artisanat vivant plutôt que de musée. Vous y observez une chaîne de production entièrement manuelle, dans la cour des maisons, sans intermédiaire ni mise en scène. Le contraste est marquant avec les sites monumentaux du circuit cambodgien classique : ici, ce sont les gestes répétés depuis des générations qui font le voyage.
Trois éléments rendent l'arrêt pertinent :
- une technique préservée, sans tour de potier, qui distingue Kampong Chhnang des autres centres céramiques d'Asie du Sud-Est ;
- une production domestique, à hauteur de famille, qui permet un échange direct avec les artisans ;
- une position stratégique sur l'axe Phnom Penh–Siem Reap, qui en fait une halte logique sans détour majeur.
Histoire d'un savoir-faire pré-angkorien
Les fouilles archéologiques menées dans la région ont mis au jour des fours et des contrebattes (galets servant à frapper l'argile depuis l'intérieur du pot) datés du VIᵉ siècle. La poterie de Kampong Chhnang est donc antérieure à l'épanouissement de l'Empire angkorien et a longtemps approvisionné les cuisines khmères en jarres, marmites et récipients de stockage.
Après la chute d'Angkor, l'activité a connu une longue période creuse. Le savoir-faire a survécu de manière fragmentaire jusqu'au début des années 2000, lorsqu'un programme de coopération financé par l'Allemagne a soutenu la réintroduction des techniques traditionnelles et la formation des nouvelles générations à Andong Russey. Cette relance a stabilisé la production et ouvert le village aux visiteurs.
Que voir et observer sur place
La technique de la poterie modelée à la main
Contrairement à la plupart des traditions céramiques, les potiers de Kampong Chhnang n'utilisent pas de tour. La boule d'argile est posée sur un support fixe, à hauteur de l'artisan, qui tourne autour de la pièce plutôt que l'inverse. Le geste se déroule en plusieurs étapes :
- ébauche manuelle d'une forme cylindrique approximative ;
- travail de la partie basse pour former un dôme, le haut étant maintenu en l'état ;
- utilisation de la contrebatte interne pour étirer et consolider les parois — étape la plus délicate, où la moindre fissure compromet la pièce ;
- finition de l'ouverture en tournant autour de la pièce avec un carton humidifié ;
- décoration incisée avant séchage, puis cuisson au four durant plusieurs heures.
Les ateliers familiaux d'Andong Russey
Le village compte environ 300 familles artisanes. Les ateliers sont installés sous les maisons sur pilotis ou dans la cour. La plupart des potiers acceptent que vous observiez et photographiez leur travail. Acheter directement une pièce reste la meilleure manière de soutenir l'activité ; les prix sont modérés et la négociation discrète, sans excès.
Les villages voisins
Deux hameaux pratiquent le même artisanat à proximité immédiate : Bang Skun et Trapeang Sabeu. Les visiter complète la compréhension de la filière, chaque village ayant ses spécialités de formes et de finitions.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez 1 h à 2 h pour parcourir Andong Russey, davantage si vous combinez les villages voisins.
- Période : la saison sèche (novembre à avril) facilite l'accès aux pistes secondaires ; en saison des pluies, certains chemins deviennent boueux.
- Accès aux ateliers : aucune billetterie centralisée, l'entrée se fait directement chez les familles ; un pourboire ou un achat est apprécié.
- Étiquette : demandez toujours avant de photographier, retirez vos chaussures si l'on vous invite à monter dans une habitation, et évitez de toucher les pièces en cours de séchage.
- Guide local : un accompagnement francophone ou anglophone est utile pour échanger avec les artisans, peu de potiers parlant une autre langue que le khmer.
Comment s'y rendre
Kampong Chhnang se situe sur la route nationale 5, entre Phnom Penh et Siem Reap. Depuis Phnom Penh, comptez environ 2 h de route ; depuis Siem Reap, 4 à 5 h. La ville est donc une halte naturelle pour casser le trajet entre la capitale et Angkor.
Andong Russey se trouve à une dizaine de kilomètres du chef-lieu. Un tuk-tuk ou un taxi local depuis le centre permet d'y accéder en 20 à 30 minutes. La plupart des circuits organisés intègrent l'arrêt dans une demi-journée combinée avec le port fluvial et les villages flottants du Tonlé Sap.
À combiner avec
- Le temple de Bayon, à Angkor, étape suivante sur la route vers Siem Reap.
- La Terrasse des Éléphants, autre vestige majeur du site d'Angkor Thom.
- Le marché aux crabes de Kep, pour prolonger l'exploration des savoir-faire locaux côté littoral.
- Les plantations de café du Mondulkiri, pour un volet rural plus à l'est.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Préparer votre voyage
Le village potier d'Andong Russey s'inscrit naturellement dans un itinéraire qui relie la capitale aux temples d'Angkor. Pour construire un circuit qui combine artisanat, sites archéologiques et paysages ruraux, consultez nos voyages au Cambodge sur mesure.
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