
Station d'altitude de Bokor
Station d'altitude de Bokor
Hill station française construite en 1917 au-dessus de Kampot, Bokor mêle ruines coloniales, parc national de Preah Monivong et panoramas sur le golfe de Thaïlande.
Perchée à plus de 1 080 m d'altitude sur la montagne des Éléphants, la station de Bokor est un ancien hill station français bâti dans les années 1910, aujourd'hui mêlé de ruines coloniales, de forêt primaire et de panoramas sur le golfe de Thaïlande. Le site se visite depuis Kampot, à l'intérieur du parc national de Preah Monivong.
Pourquoi visiter Bokor
Bokor concentre trois intérêts rarement réunis sur un même site au Cambodge :
- Un patrimoine colonial en l'état : église catholique, ancienne mairie, casino en ruine, bureau de poste, château d'eau.
- Un parc national de forêt humide d'altitude, avec une faune et une flore protégées.
- Un belvédère naturel sur la baie de Kampot et l'île vietnamienne de Phu Quoc.
L'atmosphère, souvent baignée de brume, et les contrastes entre bâtiments dégradés et reconstructions récentes donnent au plateau une identité particulière.
Histoire de la station
Bokor est construit vers la fin de 1917 par Marius François Baudouin. Conçu comme une station d'altitude française, le plateau sert d'abord de lieu de villégiature aux colons, puis à la haute société khmère et à la famille royale, qui fuient la chaleur des plaines.
La guerre d'Indochine entraîne un premier abandon à la fin des années 1940. De nombreux bâtiments sont incendiés ou détruits durant cette période. Le site connaît un bref retour de prospérité après l'indépendance : Norodom Sihanouk engage la rénovation et la nouvelle cité est inaugurée en janvier 1962.
Le coup d'État qui renverse Sihanouk en 1970 provoque un second abandon. À partir de 1979, l'altitude et l'isolement de Bokor en font un emplacement stratégique pour les troupes khmères rouges face aux forces vietnamiennes. Le dernier bastion khmer rouge occupe le lieu jusqu'en 1990 ; un bataillon français y arrive en 1993 dans le cadre du processus de paix.
La dernière reconstruction du site remonte à 2014, avec la réhabilitation de plusieurs bâtiments emblématiques et l'ouverture d'un complexe hôtelier moderne.
Que voir sur le plateau
L'ensemble s'étend sur un vaste plateau et regroupe un casino, des hôtels, bungalows et auberges, un bureau de poste et télégraphe, une église catholique, une mairie et une ancienne usine électrique. La route qui monte depuis Kampot dessert ces points sur une trentaine de kilomètres.
Le Bokor Palace
Ancienne auberge royale de style Art déco, le Bokor Palace est inauguré le 14 février 1925. Restauré récemment, il fonctionne aujourd'hui comme maison d'hôtes haut de gamme avec 22 chambres et 4 appartements annexes. C'est le bâtiment le plus photographié du site.
L'église catholique
Inaugurée le 18 mars 1928 et reconstruite en 2007, l'église se dresse seule sur un promontoire balayé par les vents. Sa silhouette grise sortant de la brume est l'image la plus connue de Bokor.
La mairie et le château d'eau
La mairie est aménagée depuis 1953 dans l'ancienne résidence du roi Monivong, qui constitue la plus ancienne construction de Bokor. Le château d'eau, lui, date de 1960 et reste un repère visible de loin sur le plateau.
Le parc national de Preah Monivong
Le parc abrite 30 espèces végétales endémiques. La faune recensée comprend tigres, léopards, vaches sauvages, civettes, cochons sauvages, gibbons et éléphants d'Asie, ces derniers étant rarement observés. Plusieurs sentiers traversent la forêt humide d'altitude.
Les chutes de Popokvil
À environ 2 km du site principal, les chutes de Popokvil forment un ensemble de cascades en escalier. Le débit varie fortement selon la saison : impressionnant en saison des pluies, parfois réduit à un filet en fin de saison sèche.
Quand venir
Le climat du plateau est nettement plus frais que celui de Kampot, avec des températures qui peuvent descendre sous 15 °C la nuit.
- Saison sèche (novembre à avril) : conditions les plus fiables pour la route et les panoramas, lumière dégagée en milieu de journée.
- Saison des pluies (mai à octobre) : brume dense, ambiance spectaculaire sur les ruines, mais visibilité réduite et chutes de Popokvil au plus fort débit.
La brume peut s'installer à toute saison en fin de journée. Prévoyez une polaire ou un coupe-vent.
Informations pratiques
- Durée de visite : comptez une demi-journée à une journée complète selon que vous combinez ruines, parc et chutes.
- Entrée du parc national : un droit d'entrée modéré est perçu à l'accès du plateau ; tarifs susceptibles de changer.
- Équipement : chaussures fermées pour les sentiers, vêtement chaud, eau, anti-moustique.
- Hébergement : possibilité de dormir sur place au complexe hôtelier ou au Bokor Palace, mais la majorité des visiteurs logent à Kampot.
Comment s'y rendre
L'accès se fait depuis Kampot via la route nationale 3, puis la route d'accès au parc qui grimpe sur une trentaine de kilomètres en lacets jusqu'au plateau. La pente étant soutenue, privilégiez la voiture ou le taxi, voire la moto pour les conducteurs expérimentés. Le tuk-tuk n'est pas adapté au dénivelé. La plupart des agences de Kampot proposent l'excursion à la journée.
À combiner dans la région
Bokor s'inscrit naturellement dans un séjour à Kampot et Kep, mais peut compléter un itinéraire culturel plus large au Cambodge :
- Kampot et ses plantations de poivre, base logique pour visiter Bokor.
- Le temple de Bayon et Baphûon, à Angkor.
- Beng Mealea, temple envahi par la jungle.
- Choeung Ek, mémorial des Killing Fields près de Phnom Penh.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Préparer votre voyage
Bokor s'intègre facilement dans un circuit reliant Phnom Penh, Kampot, Kep et la côte du golfe de Thaïlande. Pour bâtir un itinéraire sur mesure incluant le sud cambodgien, consultez nos suggestions de voyage au Cambodge.
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