Voilà pourquoi il ne faut pas monter sur le dos des éléphants...

Voilà pourquoi il ne faut pas monter sur le dos des éléphants...

07 mars 2019

S'approcher des éléphants d'Asie, les nourrir, les laver, en bref interagir avec eux est une activité touristique prisée des voyageurs en visite au Cambodge. Il est toutefois important de garder à l'esprit que certaines pratiques causent des souffrances chez cette espèce autrefois manipulée à outrance par les classes aisées et toujours très prisée des braconniers. Elle est aujourd'hui classée "en danger" par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

Beaucoup de témoignages attestent que le comportement des touristes vis-à-vis des éléphants d'Asie doit changer radicalement. Se responsabiliser. Prendre conscience. Un secret de polichinelle : les balades des visiteurs tronés sur leur dos sont à éviter. Strictement. Les pachidermes n'ont pas l'air maltraités extérieurement, mais le dressage qu'ils subissent pour accepter une présence humaine sur leur colone vertébrale peut s'apparenter à de la torture. Le mot est fort, mais diaboliquement juste. Toutes ces formes de dressage servent un seul et unique objectif : gagner de l'argent. Sous les aspects du travail, de la mendicité, ou bien évidemment du tourisme. Prenons un exemple de ces pratiques, non-exhaustif mais bien répandu en Asie du Sud-Est et qui soutient cette vérité. Le "phajaan". Le but est de soumettre l'éléphant au plus haut point. Le placer sous contrôle, lui faire perdre ses réflexes et son instinct pour qu'il devienne des plus dociles face à l'Homme.

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Torture à l'état brut

Le très sérieux site d'investigation scientifique Maxisciences, associé aux témoignages des influenceurs Seth et Lise, atteste de cette réalité : « D'un point de vue pratique, c'est uniquement en utilisant la violence que les dresseurs y parviennent. Le phajaan dure entre 4 et 6 jours et est réalisé sur de jeunes éléphants. Les animaux sont séparés de leur mère et enfermés dans des cages étroites où ils sont enchaînés. Ils sont alors frappés de manière répétitive à des endroits stratégiques, les plus sensibles. En plus d'être battus, les éléphants sont gardés éveillés, privés de nourriture et d'eau sous les yeux des dresseurs ("mahout") qui récitent des prières pouvant se traduire par "éléphant, si tu arrêtes de te débattre, nous ne te blesserons plus". » À partir de ce moment-là l'animal ne répond plus de rien. Il s'exécute, et suit les ordres de son despote, l'Homme.

À noter que tous ne survivent pas à ces tortures. Les scientifiques de Maxisciences estiment que la moitié des jeunes pachydermes périssent durant celles-ci et que quelques uns deviennent agressifs, inutilisables pour les mahouts. Pas rentables. La plupart seraient donc liquidés. Emmenant parfois dans la tombe leur bourreau. Plus de 100 dresseurs d'Asie du Sud-Est sont tués par leur supplicié chaque année.

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Une fois la profondeur d'esprit de l'éléphant réduite à néant, le mahout lui apprend des techniques et gestes qui serviront à amuser la galerie lors de ces balades pernicieuses, jugées des plus charmantes par les touristes, au sein de l'écosystème sud-est asiatique. Pour qu'il se tienne à carreau tout le restant de sa vie, « on leur prodigue quelques piqûres de rappel en les frappant ou en appuyant à nouveau sur les points sensibles », poursuivent-ils. L'animal est maintenant fin prêt à accueillir les touristes et recevoir leurs tendres caresses, immortalisées de photos Instragram témoignant de leur bienveillance.

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Des alternatives pour les voyageurs

Mais alors que faire si l'envie vous prend de vous approcher des éléphants de façon plus naturelle qu'au zoo ? Au Cambodge, les deux ONG que sont Cambodia Elephant Rescue Organization et Elephant Valley, toute deux situées dans la province du Mondulkiri, proposent des projets pour péreiniser, sauvegarder, et aider l'espèce à se développer. Des visites tarifées bien évidemment. De la pécule oui. Mais le contexte n'est bien entendu pas le même. Entre une agence d'activités touristiques qui achète des pachydermes zombifiés, dénués de toute réalité, et les exploite dans le but de s'enrichir, et ces ONG qui profitent de l'attrait des voyageurs pour aussi bien financer un programme de restauration et de protection de l'espèce qu'un plan d'embauche sur les terres qu'ils souhaitent sanctuariser. La différence est notable. M. Tree, le fondateur du Mondulkiri Project, réagissait en ce sens il y a deux mois dans les colonnes du PetitJournal Cambodge : « Nous aspirons à augmenter la communauté d’éléphants vivant dans la forêt. Nous comptons notamment faire venir un éléphant mâle afin d’obtenir des bébés, les premiers du centre. Le tourisme a permis à la région de se développer, de créer de l’emploi. Avant, personne ne parlait anglais ici, or les Bunongs qui travaillent avec nous au sanctuaire ou en tant que guides sont obligés de le pratiquer. »

Seth et Lise estiment que « c’est en grande partie  à cause des touristes que ce business fonctionne, il revient donc aux touristes de prendre les bonnes décisions. L’avenir, le bien-être et surtout la survie de milliers d’éléphants sont en jeu. » C'est une notion économique primaire. Si la demande baisse fortement, l'offre sera réduite. Le tout est d'informer sur ces pratiques pour qu'il y ait une prise de conscience collective.

Thibault Bourru

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