Sambath, acrobate du Phare Circus : « Chacun doit adapter son attitude en fonction de son personnage. »

Rattanaksombath Mony, plus connu sous le nom de Sambath, est acrobate, jongleur et danseur au sein du Phare Circus. Les représentations artistiques de ce cirque khmer mêlent comédie, tragédie, et prestations de haute voltige. Cette institution a été créée par l’école philanthrope Phare Ponleu Selpak de Battambang qui vise à sortir de la misère les enfants de la région en les formant aux métiers artistiques. Le Phare propose une véritable narration associée aux performances circassiennes. Le public a pu dernièrement apprécier l’histoire d’un jeune homme khmer, interprété par Sambath, discriminé dans son village natal qui devait faire face au regard des autres et s’affirmer. À 25 ans, le natif de la province de Battambang, a eu l’occasion de se produire en Thaïlande, au Bangladesh, en Angleterre, en Allemagne et en France. Il est aujourd’hui un acteur majeur des projets du Phare Circus. Interview.

Depuis combien de temps participez-vous aux spectacles du Phare Circus ?

J’ai commencé à m’impliquer et être formé aux métiers du cirque à l’âge de 10 ans à l’école Phare Ponleu Selpak de Battambang. Je participe aux spectacles du Phare Circus organisés à Siem Reap depuis 2013, j’avais 15 ans lorsque j’ai débuté.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à prendre part à ce projet ?

Au début j’allais dans cette école parce qu’elle était près de chez moi. Je pouvais y prendre mon petit déjeuner et dîner sur place. Je ne savais pas réellement ce que voulait dire étudier, mais j’y suis resté quelques temps me suis finalement, quelques années plus tard, inscrit au programme de formation artistique. J’ai tout d’abord étudié la musique parce que j’aimais chanter, mais cela n’a duré qu’une semaine. Puis j’ai essayé d’apprendre à peindre, cette fois encore cela a été bref, je n’ai tenu que trois jours. Et lors d’une démonstration des artistes de l’école de cirque, durant laquelle j’ai ressenti beaucoup d’amour et d’intérêt, je me suis immédiatement dit que je voulais apprendre les cascades et la haute voltige.

 

Interaction entre Sambath et un acteur du Phare Circus

Combien de temps passez-vous à vous entraîner ?

L’entraînement à l’école était beaucoup plus intense. Je passais 8 heures par jour à répéter les acrobaties. Mais depuis que je suis entré au Phare Circus je n’ai que 3 heures de formation par jour, car nous avons des représentations tous les soirs.

 

Quel est votre rôle au sein des spectacles du Phare Circus ?

Je pratique l’acrobatie, la voltige, la jonglerie des balles rebondissantes notamment, la danse et la planche à bascule.

 

Les performances que vous réalisez pour le Phare Circus sont à la fois circassiennes et théâtrales…

C’est exact, nous permettons, à chaque représentation, au public de comprendre plus facilement le sens de l’histoire et nous mélangeons également la musique traditionnelle khmère et de la musique moderne.

 

Nous ressentons une réelle narration dans vos œuvres. Avez-vous besoin de travailler votre jeu d’acteur ?

Oui nous devons perfectionner nos rôles. Quand nous travaillons la performance chacun doit adapter son attitude en fonction de son personnage, pour que tous les spectateurs qui voient le spectacle ressentent le réalisme des récits.

 

Les mouvements doivent être parfaitement coordonnés

Les mouvements doivent être parfaitement coordonnés

À quoi ressemblent les dialogues que vous entretenez avec les metteurs en scène qui préparent les représentations ?

Nous échangeons beaucoup avec le groupe d’artistes et le metteur en scène avant notre performance. Parfois, je leur dis que je veux changer le rôle ou que je ne veux pas faire ces acrobaties parce qu’elles peuvent être dangereuses pour le groupe.

 

Quel lien entretenez vous avec les autres artistes du Phare Circus, comment appréhendez-vous par exemple les combinaisons de haute intensité ?

Travailler avec d’autres artistes peut être un peu mitigé entre difficulté et facilité car le travail d’équipe est inévitablement synonyme parfois de jalousie mais avant tout de compréhension mutuelle, de tolérance et de coopération. Tout le monde s’adore c’est vraiment le perfectionnisme et la recherche de la performance qui veulent cela. Nous sommes une famille avant tout.

 

Sambath au milieu de la troupe du Phare Circus

Sambath au milieu de la troupe du Phare Circus

 

 

 

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