L’avenir des tuk-tuks

Inutile de chercher un tuk-tuk pour vous déplacer, au Cambodge, c’est le tuk-tuk qui vient à vous ! Parfois à l’autre bout de la rue, vous entendrez le fameux et inoubliable «Hello Sir, tuk-tuk Sir ?» qui sonne constamment dans les airs. Ces dernières années, la croissance économique rapide du pays a amené plus de 10 000 conducteurs de tuk-tuk à Phonm Penh ! Le tuk-tuk est le moyen de transport le plus utilisé au Cambodge, il est plus communément appelé « Reumok », proche du mot français « remorque. » Une question se pose aujourd’hui, les tuk-tuks tels qu’on les connaît, sont-ils voués à disparaître ?

 

L’histoire du tuk-tuk, un véhicule traditionnel ?

À la fin du XIXe siècle, on circulait à pied, on empruntait les canaux ou les rickshaws tirés à bras d’homme : les pousse-pousses, l’ancêtre du tuk-tuk ! Le pousse-pousse fut un important produit d’exportation japonais et fut propagé dans toute l’Asie notamment au sein des colonies européennes. Il devint le moyen de transport privilégié des colons.

Au tout début du XXème siècle, ce moyen de locomotion  a été détrôné par le triporteur à pédales (cyclo-pousse). Celui-ci, après la Seconde Guerre mondiale, s’est développé avec l’ajout d’un moteur à deux temps de fabrication japonaise. C’est alors la naissance du tuk-tuk tel qu’on le connait aujourd’hui aux côtés des moto-dops qui sont apparus en masse dans les années 2000 !

Au Cambodge, le tuk-tuk est composé d’un scooter auquel est attelée une carriole à deux roues grâce à un système d’attache dans lequel vient s’emboîter la remorque.

 

La révolution du tuk-tuk

Depuis 3 ans, la compagnie Taxistartup, présente dans le monde entier, a révolutionné le transport au Cambodge en proposant une application du même type qu’Uber, clé en main pour 20 $ par driver par mois ou 5% + 0.20 $ par course effectuée. Des entreprises telles que Passapp ou encore Exnet Taxi ont saisi l’opportunité ! Ils proposent désormais aux usagers la possibilité de passer par l’application pour se déplacer en rickshaw venu d’Inde, le triporteur à essence qui a été remplacé par un moteur à gaz.

Ainsi il n’a jamais été aussi simple de prendre un taxi grâce à cette application : il suffit de renseigner le lieu de notre prise en charge et de monter dans le véhicule, d’autant plus que le passage au gaz a permis de diminuer drastiquement les frais pour le consommateur. Plus besoin de négocier, le prix est fixé selon l’heure et la distance parcourue.

Alors que les rickshaws indiens connectés aux applications de transport envahissent le paysage cambodgien, les tuk-tuks peinent à subsister face à la concurrence ! Les passagers préfèrent délaisser l’authenticité du tuk-tuk pour des questions pratiques et économiques.

 

Le tuk-tuk, l’inébranlable !

Même si le nombre de tuk-tuks a fortement diminué, il n’en reste pas moins complémentaire aux nouveaux moyens de transport ! En effet, conscient des effets produits, Passapp a décidé d’ajouter le tuk-tuk khmer traditionnel dans l’application afin de soutenir les conducteurs qui n’ont pas d’autorickshaws et ainsi laisser aux passagers le choix entre authenticité et nouvelles technologies.

Cependant, cette place aux côtés des nouveaux moyens de transport est de plus en plus menacée !

En effet, en juin 2018, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et Grab, entreprise de réservations de taxis et rickshaws, ont lancé un projet commun. Le projet, nommé SUMAI (Sustainable Urban Mobility for All Initiatives), vise à rendre les villes cambodgiennes plus propres, plus sûres et plus vivables pour faire face aux 4,5 millions de véhicules enregistrés dans la capitale !

Ainsi, tout comme le pousse-pousse qui a laissé place au cyclo-pousse, le cyclo-pousse au  cyclo-moteur, le rickshaw pourrait très bien dans les décennies à venir être remplacé par un rickshaw électrique et plus robuste, comme on en voit déjà à Paris, et mettre fin au tuk-tuk tel qu’on le connait afin d’améliorer les conditions de vie et de circulation en ville.

Mais ce n’est pas pour autant que le tuk-tuk disparaitrait du paysage, au contraire il sera fortement visible au sein des lieux touristiques et sera de premiers abords non pas un moyen de transport mais belle et bien une attraction touristique à lui seul ! M. Pov, le président du syndicat des tuk-tuks, a déclaré qu’il souhaiterait que 50% des places de stationnement à l’extérieur des centres d’intérêts touristiques soient réservées spécialement aux tuk-tuks afin de préserver cet héritage.

D’ailleurs, d’anciens conducteurs proposent aujourd’hui des visites guidées de la ville en tuk-tuk. N’hésitez pas à contacter M.Soma, un chauffeur plein d’humour, incollable géographe près de Wat Koh. Il parle couramment l’anglais et se fera un plaisir de vous faire visiter la capitale et ses environs hors circuits touristiques !

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