Siem Reap et Angkor

Base de visite des temples khmers et porte du Tonlé Sap, Siem Reap demande au moins trois jours pour parcourir Angkor sans le survoler.

Siem Reap se trouve à 314 km au nord-ouest de Phnom Penh, sur les rives de la rivière qui porte son nom, à une dizaine de kilomètres du lac Tonlé Sap. La ville a longtemps été une simple bourgade agricole avant de devenir, dans les années 1990, la base logistique de la visite des temples d'Angkor. Aujourd'hui elle compte environ 230 000 habitants, un aéroport international déplacé en 2023 à Sotr Nikum (50 km à l'est du centre), et une économie qui dépend presque entièrement du tourisme et de la riziculture des plaines environnantes.

Le parc archéologique d'Angkor, inscrit à l'UNESCO depuis 1992, couvre plus de 400 km². Il rassemble les vestiges des capitales successives de l'empire khmer entre le IXe et le XVe siècle : Hariharalaya (actuel Roluos), Yashodharapura, Angkor Thom. Le célèbre Angkor Vat, construit sous Suryavarman II au début du XIIe siècle, n'est qu'un temple parmi plus de cinquante sites majeurs accessibles. Le grand circuit (26 km) dessert Preah Khan, Neak Pean, Ta Som et Pre Rup ; le petit circuit (17 km) relie Angkor Vat, le Bayon aux 216 visages, Ta Prohm enserré dans les fromagers, et Banteay Kdei. Compter trois jours minimum pour ne pas survoler l'ensemble.

Au-delà de la zone centrale, plusieurs sites valent un déplacement spécifique. Banteay Srei, à 32 km au nord-est, est un temple de grès rose du Xe siècle reconnu pour la finesse de ses linteaux sculptés. Plus loin sur la même route, Kbal Spean offre une marche de 1,5 km en forêt jusqu'à une rivière dont le lit a été sculpté de lingas et de divinités hindoues. Le Phnom Kulen, plateau gréseux à 48 km de la ville, abrite la source historique du royaume d'Angkor et une cascade fréquentée le week-end par les familles cambodgiennes.

La ville elle-même mérite plus que les rues du Pub Street et du marché de nuit. Le quartier de Wat Bo, autour de la pagode du même nom (XVIIIe siècle), conserve des maisons traditionnelles sur pilotis et un rythme de vie de quartier. Le marché Psar Leu, à l'est du centre, est celui où les habitants font leurs courses : poissons séchés du Tonlé Sap, prahok (pâte de poisson fermentée), num banh chok (nouilles de riz au curry de poisson) servies au petit déjeuner. Les villages flottants de Kompong Phluk, Mechrey ou Prek Toal, sur le lac, se visitent en pirogue selon le niveau des eaux.

Côté artisanat, les ateliers d'Artisans Angkor perpétuent la sculpture sur pierre, la laque et la soie ; la ferme de soie de Puok, à 16 km à l'ouest, montre tout le cycle, du mûrier au tissage. Pour la cuisine, plusieurs écoles enseignent l'amok au poisson, le lok lak ou le kuy teav. Enfin, la fête de Bon Om Touk (fête des eaux), en novembre, et le Nouvel An khmer (mi-avril) rythment l'année et transforment l'atmosphère de la ville.

Notre équipe travaille avec des guides francophones diplômés de l'École des Beaux-Arts de Phnom Penh ou formés par l'APSARA Authority, qui gère le site. Cela change la lecture des bas-reliefs : la bataille de Kurukshetra à Angkor Vat ou les scènes de marché du Bayon prennent un autre relief quand on en connaît la grammaire iconographique.

À découvrir

Angkor Vat au lever du jour. Arrivée à 5h sur la chaussée ouest pour voir les cinq tours se détacher sur le ciel rose. Compter ensuite deux heures pour parcourir les galeries des bas-reliefs avant la chaleur.

Ta Prohm et le Bayon dans la même matinée. Les racines de fromagers qui étreignent les murs de Ta Prohm, puis les visages souriants du Bayon au cœur d'Angkor Thom. Deux ambiances opposées à 4 km l'une de l'autre.

Banteay Srei et Kbal Spean. Une journée vers le nord-est : sculptures ciselées dans le grès rose au temple du Xe siècle, puis marche de 45 minutes en forêt jusqu'aux lingas sculptés dans le lit de la rivière.

Village flottant de Kompong Phluk. Maisons sur pilotis de 8 mètres de haut, école et pagode flottantes. En saison sèche (février-avril), on circule à pied entre les maisons ; en saison humide, en pirogue dans la forêt inondée.

Cours de cuisine et marché Psar Leu. Achat des ingrédients au marché local avec un chef, puis préparation du fish amok cuit à la vapeur dans une feuille de bananier. Une lecture concrète de l'alimentation khmère hors carte touristique.

Quand y aller

La meilleure période pour visiter Siem Reap s'étend de novembre à février : ciel dégagé, températures entre 22°C la nuit et 30°C en journée, humidité supportable. Décembre et janvier sont les mois les plus fréquentés, il faut réserver les hôtels deux à trois mois à l'avance. Mars et avril restent secs mais la chaleur grimpe vite : 35 à 38°C l'après-midi, parfois 40°C juste avant l'arrivée des pluies. Nous décalons alors les visites à 5h30 et reprenons vers 15h30.

De mai à octobre, la mousson apporte des pluies souvent brèves mais intenses, surtout en septembre-octobre (200 à 300 mm par mois). Les temples se vident, la végétation reverdit, les douves d'Angkor Vat se remplissent et offrent de meilleurs reflets. Le lac Tonlé Sap atteint son niveau maximum en octobre-novembre, c'est la période idéale pour les villages flottants. À l'inverse, en mars-avril, l'eau se retire et certains villages deviennent inaccessibles en bateau.

Conseils pratiques

Nous recommandons un minimum de quatre nuits sur place : trois journées de temples (petit circuit, grand circuit, Banteay Srei et Roluos) plus une journée pour le lac ou un atelier d'artisanat. Cinq nuits permettent d'ajouter Beng Mealea ou Koh Ker (temple-pyramide à 120 km au nord-est, sur des pistes désormais asphaltées). L'aéroport de Siem Reap-Angkor (SAI) est desservi par des vols directs depuis Bangkok, Singapour, Hô-Chi-Minh-Ville et Séoul. Depuis Phnom Penh, compter 5h30 de route par la NR6 ou 45 minutes en vol intérieur.

La combinaison la plus naturelle se fait avec Phnom Penh et Mékong en début ou fin de séjour, et avec Battambang et Tonlé Sap en remontant par bateau ou par route via la rive nord du lac. Pour un voyage plus long, prolonger vers la Côte sud et îles pour quelques jours de repos balnéaire, ou vers Mondulkiri et Ratanakiri pour les forêts de l'est. Le niveau de confort à Siem Reap couvre toute la gamme, de la guesthouse familiale au boutique-hôtel colonial. La région convient aux familles avec enfants à partir de 6-7 ans (les temples se visitent en tuk-tuk climatisé), aux passionnés d'histoire et d'architecture, et aux voyageurs contemplatifs qui acceptent de revenir deux fois au même temple à des heures différentes.

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